167. Noël  dans le Haut Astarac.

C’était  en 1939, dans un village limite des Hautes Pyrénées, j’avais 6 ans, et je me vois encore chaussé de galoches avec des semelles en bois, cloutées de caoutchouc, repassant dans ma petite tête, les évènements de cette soirée du  24 Décembre ou devait passer le père Noël.

 Il avait fallu cirer les chaussures pour mettre dans la cheminée ou consumait déjà la grosse bûche de  Noël, et la deuxième paire pour aller à la messe de minuit. Il faisait un froid glacial et les parents avaient mis les sabots de bois avec de la paille fraiche, afin de supporter la température dans l’église qui n’avait comme chauffage que les bougies de l’hôtel.

 Ma  première surprise fut d’apercevoir le prêtre descendre d’une voiture tirée par le cheval du voisin, équipée d’une belle lampe blanche avec des petites couleurs sur les côtés (Le prêtre âgé, n’avait pas de moyens de locomotions, il habitait à 4 Kms dans un presbytère voisin.)

Donc les paroissiens équipés « d’attelages », allaient à tour de rôle le transporter pour les offices. Pour les grandes cérémonies nous avions droit à une messe chantée par une famille voisine (parente de notre mère) ou le père, la mère, et la fille handicapée des membres inférieurs, avaient des voix superbes, qui aidaient tous ces enfants en attente de surprises à respecter un silence religieux.

Inimaginable  le retour vers la maison, à pied évidemment, par une nuit étoilée, dans le cliquetis des sabots de bois. Le papa s’était un petit peu avancé, pour nous avait’il dit, raviver un peu le feu.

Nous sûmes bien plus tard, qu’il avait surtout « aider » le Père Noël à faire son travail. Bien sur, émerveillement, l’orange dans la galoche, le sabot en chocolat (plus ou moins gros) avec le petit jésus. La saucisse grillée, suivie de la tarte aux pommes, croisée de bandelettes, et arrosée par un peu de vin nouveau, clôturaient notre réveillon de Noël

Lou Georges.

Nadaou diguén lou haout Astarac

Qu’èro én 1939, diguéns un bilatgé limito dé las Haoutos Pyrénéos, qu’aouèy siés ans, é qu’én béy éncouèro caoussat dé galochos dabé sémèlos de bouès, claouados en caoutchouc, répassaoui diguén ma pétito cabocho, lous évènoméns d’aquéro souèrado dou 24 Décémbré, oun déouéouo passa lou Pèro Nöèl.

Aouè calut çirà las caoussuros éntà bouta diguén la chéminéo oun consumaouo déjà la grosso culo dé Nadaou, é lou ségoun paréil, éntà énà à la mèsso dé Méjo-néyt.. Hazéouo uo frét glaçialo, é lous paréns aouèn boutat lous ésclops dé bouès, dabé paillo frésco, éntà suppourtà la températuro diguén la glèyzo, que n’aouè coumo caouhatgé qué las bougios dé l’aoutà.

Ma prumèro surprézo éstèc d’apèrcébé lou curè débara dé la cariolo tirado pou chibaou dou bézin, équipado d’uo poulido lampo blanco dabé dé pétitos coulous suous coustats ( lou curè atgeat, n’aouè pas moyèns d’és désplaça, qu’habitaouo à 4 Kms diguén un prèsbitèro bézin).

Dounc lous paroissièns équipats

d’attélatgés, l’anaouon coillé à tour dé rôlé éntaous aouffiçis. Entà las granos cérémounios, aouéouon drét a uo mèsso cantado pèr uo famillo bézio ( parénto dé nosto may) oun lou paï, la Maï, é la dronlo (handicapado dous mémbrés énfériurs), aouèn bouts supèrbos, qu’éydaoun lous nénéts a atténdé las surprézos, é a rèspèctà un silénçé réligious.

Inimaginablé lou rétour décap à la mayzoun, à pè, évidamén, pèr uo néyt éstélado, diguén lou cliquétis dous ésclops dé bouès. Lou papa s’éro un paou aouançat, én mous dizé quanaouo attiza lou houéc.

Qué saboun, bièn mès tard qu’aouè surtout aydat lou père Noël à hai soun trabail. Bièn ségu, émèrveillomén, l’irangé, l’ésclop én chocolat (plus ou méns gros) dabé lou pétit jésus. La saouçisso grillado, séguido pèr la tarto dabé poumos, croudzado dé bandélétos, é arrouzado d’un paou dé bin naouèt, clouturèn nosté réveilloun dé Nadaou.

 

Voici une nouvelle étape achevée.Compte tenu de mon état de santé, et des ans s’accumulant, ce dernier chapitre clôtureramon livre tome IV Gascons et fiers de l’être.qui sortira en Février 2016. Il est plus facile d’écrire quelques lignes sur un blog, en fonction des événements qui nous entourent, et que nous vivons. Pour nos amis locuteurs qui me contactent assidument, (merci) nous continuerons à nous rencontrer « sur la toile ». Et vous, chers amis lecteurs, qui vous êtes intéressés à mes livres, ils seront toujours à votre disposition dans les dépôts habituels. Il est évident que je ne resterais pas sans activité ; ma passion actuelle consiste à la diffusion du béret Gascon « je suis Gascon, je porte le Béret » Un peu plus tard peut être a un « tee shirt : » Gascons et fiers de l’être ». Tout cela, en fonction du dynamisme de mon équipe.Joyeux Noël et bonne et heureuse année 2016.

Georges Pérès