N° 137  Lou Bastard. Chapitre V.

J’ai des affaires qui pressent, et je ne veux pas être le Roi de corps sans âme. Faites-vous baptiser et vous serez chrétiens. Alors vous festoierez le dimanche, et pas le Vendredi qui est un jour de malheur. En attendant, faites de ce château un hôpital pour les pauvres et les étrangers ;

– Bastard nous t’obéirons en tous points, et ceux qui nous commanderons ferons comme nous. Pour te payer de tes bons conseils nous allons t’enseigner les finesses de ce qui ont le pouvoir de se transformer en toutes sortes de choses. – Avec plaisir mes amis. Alors nos cinq hommes lui enseignèrent les finesses de ceux qui ont le pouvoir de se transformer en toutes sortes de choses, et lui souhaitèrent une bonne nuit, et Bastard s’endormit jusqu’au matin, et se remit en route au soleil levant.

Le soir du centième jour il avait rattrapé, en pays étranger l’armée du Roi de France qui combattait les ennemis. Bastard s’en alla retrouver son général- « Bonjour général.- bonjour Bastard. Tu es un homme de parole, et tu fais bien de revenir. Depuis que tu es parti les ennemis ont pris à leur service, un homme qui a le pouvoir de se  changer en toute sorte de chose sept fois par nuit, et par ce moyen me tue beaucoup de soldats, si cela continue toute mon armée va y passer. Parle-moi franchement. Pense-tu  capable de me débarrasser de ce rien qui vaille,

– je vais essayer général ». Le même soir Bastard prit sa vieille épée de chevalier maltais et s’en fut, tout seul, faire sentinelle dans un grand bois. Jusqu’à minuit, il ne vit ni n’entendit rien. Le dernier coup de minuit sonné Bastard vit venir vers lui l’homme qui avait le pouvoir de se changer en toute sorte de chose sept fois par nuit. De suite l’homme se changea en chien. Mais Bastard s’est méfié et il attendit sans peur ni crainte. Alors l’homme ce changea en « tchot ». Mais Bastard se méfiait, il attendit sans peur ni crainte l’homme se changea en « lutz-crampo ». Mais Bastard se méfiait et attendit sans peur ni crainte. Alors l’homme se changea en feuille sèche. Mais Bastard se méfiait, il attendit sans peur ni crainte. Alors l’homme se changea en brume. Mais Bastard se méfiait, il attendit sans peur ni crainte. Alors l’homme se changea en bruit de cloche qui sonne l’agonie. Mais Bastard se méfiait, il attendit sans peur ni crainte Mais Bastard se méfia et attendit sans peur ni crainte. Alors l’homme s’aperçut qu’il ne lui restait plus qu’un coup pour changer de forme pour cette nuit, il attendit longtemps avant de prendre sa décision. A la fin il se changea en vent, et couru vers la sentinelle. Mais Bastard  se méfiait et attendit sans peur ni crainte.

D’un seul coup de sa vieille épée de chevalier maltais, trancha le vent en deux, et l’homme tomba à terre en deux morceaux.  « Bon dit Bastard, le grand Aigle n’avait pas menti, maintenant je peux me présenter devant mon père ; le Roi de France ».Alors il alla trouver le général et lui dit : – Bonjour général, j’ai fait passez le gout du pain à l’homme qui avait le pouvoir de se changer en toute sorte de choses sept fois par nuit. – Merci Bastard maintenant la guerre sera vite finie. et nous pourrons tous revenir au pays. Dis-moi en quoi l’homme s’était changé quand tu lui as fait passer le gout du pain ? – Général il s’était changé en vent, et je l’ai tranché en deux ! Tu as tranché le vent en deux !

Vite monte moi ta langue. – Général, vous ne verrez pas ma langue, et pour cela je ne vous dois pas obéissance. – C’est vrai. Jure-moi au moins que tu as fait ta première communion, et que ta langue a été vue par le prêtre mort qui t’a donné l’hostie consacrée. – Général je vous le jure sur mon âme.

– Ceci est bien. Attend-moi, je reviens. Le général sortit et revins un moment après.                                             (a suivre)

 

  

  Lou Bastard . Chapitrer V

  Qu’èy ahès qué prèsson, é nou bouy pas èsté lou Réy dous corps sénsé âmos. Hazét-bous baptiza é qué sérat christians.Alabétz hèstéjérats lou diméché e pas lou dibés qui un jour dé malhur.En atténdén, hazét d’aquét castèt un héspitaou éntas praoués, é lous éstrangès.

– Bastard qué t’aubeiran en touts punts é lous qué mous commandén hairan coumo nouzaous. Ent’at paga dé tous bous conuséils qu’ét ban appréngué las finéssos,dous de c’an lou poudé de sé transfourmà én touto sorto dé caouzos,_ Dambé plazé mous amics. Alabéts nostés cinq homés l’énseignèn las finéssos d’ous dé can lou poudé d’és trnsfourmà én touto sorto dé caouzos, é lou souhaitèn uo bouno néyt, é Bastard s’éndroumiscou dinc’aou maytin, é sé boutèc én routo aou souréil léouat.

Lou sé dou céntièmo jour aouè rattrapat én pays éstrangè, l’armado dou Réy dé Franço qué coubattéouo lous énnémics. Bastard s’én angout trouba soun général – « Bonjour général  – bonjour Bastard. Qu’ès un homé dé paraoulo, é qué hais bién dé tourna. Démpuch qu’ès partit lous énnemics an prés à soun sèrviçi  un homé qu’a lou poudé d’és cambia én touto sorto dé caouzos sèt cop pèr néyt, é pèr aquét moyèn én tuo toutés lous souldats, sé countinuo touto moun armado y ba passa. Parlom francomén. Et pénsos capablé d’ém désbarassa d’aquèt arrén qué baou,

– qué baou énsaja Général ». Lou mèmo sé, Bastard préngout sa biéillo espasso dé cavaliè maltés é s’én angout, tout soul, hais séntinèlo diguén un gran boch. Dinco méjo-néyt, nou bésou n’i n’énténouc arrén. Lou darré cop dé méjo- néyt sounat   Bastard bézout béngué décap à ét, l’homé qu’aouéouo lou poudé dés cambià én touto sorto dé caouzos sèt cop pér néyt. Dé suito l’homé sé cambiaic én can. Més Bastard sé méfièc, é atténdouc sénsé poou ni crénto. Alabéts l’homé sé cambiaic én « tchot ». Més Bastard sé méfièc é atténdouc sénsé poou ni crénto. L’homé sé  cambièc « én lutz-crampo ». Més Bastard  sé méfièc é atténdouc sénsé poou ni crénto. Alabètz l’homé sé cambiès én houéillo séco. Més Bastard sé méfièc, é atténdouc sénsé poou ni crénto.Alabétz l’homé sé cambièc én broumo. Més Bastard sé méfièc, é atténdouc sénsé poou ni cnto. Alabéts l’homé sé cambièc én brut de campano qué souno l’agonio. Més Bastard sé méfièc, é attendouc sénsé poou ni crénto. Alabéts l’homé s’apèrcébouc qué nou lou démouraouo qu’un cop éntà cambia dé formo pèr aquésto néyt, atténdouc lountémps aouan dé préngué la décisioun. A la fin sé cambièc én bént, é courrou décap la séntinèlo Més Bastard sé méfièc é atténdouc sénsé poou ni crénto.

D’un soul cop dé sa viéillo éspasso dé cavaliè maltaizo, tranchèc lou bén én dus, é l’homé cayjouc à tèrro én dus tros. « Bon s’a ditz Bastard, lou grand Aiglo n’aouè pas méntit, aro qu’ém podi ana préséntà daouan mou pay ; lou Réy dé Franço ». Angout trouba lou général é lou digout : – Bonjour général, èy  hai passà lou gouch dou pan à l’homé qu’aouè lou poudé d’és cambià én touto sorto dé caouzos sèt cop pér néyt. –merçi Bastard, la guèrro sérà  lèou acabado, é pouyran toutés tournà aou pays. Dit-mé én qué l’homé s’èro cambiat quan l’as hèyt passa lou gouch dou pan ? – Général s’èro cambiat én Bén, – é l’as tranchat lou bén én dus !

Bisté mountron ta lénguo – Général  nous bèyrat pas la mio lénguo, é pèr aco nou bous déoui pas aoubéissénço, – Y bèrtat ! Jurom aou méns qu’as hèyt la  prumèro coumunioun, é qué ta lénguo y éstado bisto pèr un curè mort qué t’a baillat l’houstio counsacrado – Général qué bous at  juri sur moun âmo

– Aco y bièn ! Attén-mé, qué tourni. Lou général sourtiscout é tournèc un moumén après.

                        (à ségui)