136 Lou Bastard. Chapitre IV

 Merci Monsieur, je n’ai peur de personne, et je veux prendre ici mon logement pour la nuit – Le bon Dieu vous garde Monsieur. Le bastard rentra sans peur ni crainte, et fouilla tout le château de la cave au grenier. Sapristi ! un grand feu brûlait dans la cheminée de la grande salle. La table était mise, et le pain, le vin, et la viande ne manquaient pas. Le Bastard se  mit à table, et bu et manga à satiété. Après il se coucha dans un bon lit, en prenant garde de laisser la lumière allumée et de mettre à ses cotés la vieille épée de chevalier maltaise qu’il avait trouvée le soir de la Toussaint, derrière l’autel de l’église de la Roumiuac.

Le dernier coup de minuit sonné, le Bastard entendit un grand bruit dans la salle. Elle était pleine de petites créatures qui étaient venues on ne sait comment et qui restaient figées, sans même bouger les lèvres ni les yeux. Tout à coup un grand bruit sortit de la cheminée. « Bastard tomberas-tu ou ne tomberas-tu pas ? –Tombez si vous voulez, tombez si cela vous plait,. Je m’en fous comme de vous autres. Laissez-moi dormir en paix »

Le Bastard n’avait pas fini de parler que cinq jambes gauches tombèrent de la cheminée dans la salle. Les cinq jambes chantaient en dansant : Dansons le lundi ! Dansons le mardi ! Alors cinq jambes droites tombèrent de la cheminée de la salle. Les cinq jambes gauches et les cinq jambes droites chantaient en dansant : Dansons le lundi , Dansons le lundi ! Dansons le mardi, dansons le mardi ! Alors cinq bras gauches  tombèrent de la cheminée dans la salle Alors les cinq jambes gauches, les cinq jambes droites, les cinq bras gauches chantaient et dansaient ; dansons le lundi, dansons le lundi ! dansons le mardi , dansons le mardi Dansons le mercredi , Dansons le mercredi ! Dansons le jeudi ! Dansons le jeudi !

Alors cinq bras droits tombèrent de la cheminée dans la salle. Les cinq jambes gauches, les cinq jambes droites, les cinq bras gauches, les cinq bras droits dansaient et chantaient : dansons le lundi, dansons le lundi ! Dansons le mardi , dansons le mardi ! dansons le mercredi ! Dansons le mercredi ! dansons le jeudi ! dansons le jeudi ! Alors cinq corps avec cinq têtes tombèrent de la cheminée dans la salle. D’un seul coup les jambes et les bras s’ajustèrent d’eux-mêmes à ces corps qui dansaient et chantaient : dansons le lundi ! dansons le lundi ! dansons le mardi , dansons le mardi ! dansons le mercredi dansons le mercredi ! dansons le jeudi , dansons le jeudi ! dansons le vendredi, dansons le vendredi ! A part ces cinq hommes qui dansaient, les petites créatures qui remplissaient la salle et qui venaient donc ne sais d’où, se tenaient au repos sans bouger ni lèvres ni oreilles.

Le Bastard éclatait de rire, et regardait les cinq hommes qui dansaient toujours en chantant : Dansons le vendredi ! dansons le Vendredi ! Et toujours ils dansaient et chantaient sans jamais pouvoir nommer les deux autres jours de la semaine. Enfin le Bastard impatient  sauta de son lit et se mit à chanter en dansant : Dansons le samedi ! dansons le samedi,  Dansons le dimanche,  dansons le Dimanche.

D’un coup les petites créatures qui remplissaient la salle, et qui étaient venues on ne sait comment, se fondirent en nuage, et lou Bastard resta tout seul avec les cinq hommes qui ne dansaient et ne chantaient plus. « Bastard tu connais les sept jours de la semaine. Les cinq premiers sont pour les corps sensés avoir une âme comme nous, le samedi est pour les juifs, et le dimanche pour les chrétiens.

Reste avec nous, tu seras le maitre ici et tout le peuple des corps sans âme t’obéira.

–        (à suivre)

 

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Lou Bastard chapitré IV.

Mèrçi  Moussu, n’èy poou dé digun, é qué bouy préngué açi moun lotgomén pèr la néyt – Lou boun Diou bous gouardé Moussu. Lou Bastard éntrè sénsé poou ni crénto, é répasséc dou chay aou graè. Saquélà ! un gran houéc brulaouo diguén la chiménéo dé la grano salo. La taoulo èro boutado, é lou pan , lou bin, é la car manquaouon pas. Lou Bastard sé boutèc à taoulo, é mingèaic é bégout à bouléntat. Après sé coutchaic diguén un boun léyt, é préngout gardo dé déchà la lut alugado, é dé boutà à soun coustat la vieillo éspasso dé chibaliè maltézo, qu’aouéouo troubat lou sé dé  toutsans, darrè l’aoutà dé la glèyzo dé la Roumiuac.

Lou darrè cop dé méjo-néyt sounaouo, lou Bastard énténouc un gran brut diguén la salo. Ero pléo dé pétitos créaturos qu’éron béngudos oun nou sap coumo é démaraouon plantados sénsé mèmo boutja  lous pots é lous ouéils. Tout à cop un gran brut sourtiscout dé la chéminéo « Bastard cajéras ou cajéras pas ? – Cajét sé bouléts, cajéts sé bous plats, qué m’én fouti coumo dé bous-aous. Déchat mé dromé én pats »

Lou Bastard n’aouè pas finit dé parlà qué cinq camos gaouchos cajoun dé la chiménéo diguén la salo. Las cinq camos cantèn én tout dansà : Dansén lou dilus, dansén lou dimart ! Alabéts cinq camos drétos cayjoun diguén la chiménéo dé la salo. Las cinq camos gaouchos é las cinq camos drétos cantèn én tout dansa :dansén lou dilus ! dansén lou dilus ! Dansén lou dimart, dansén lou dimart ! Après cinq bras gaouchés cayjoun dé la chiménéo diguén la salo. Alabéts las las cinq camos gaouchos, las cinq camos drétos, lous cinq bras gaouchés dansèn é cantèn : dansén lou dilus dansén lou dilus, dansén lou dimart, dansén lou dimart, dansén lou dimècrés,dansén lou dimècrés, dansén lou ditjaous, dansén lou ditjaous !

Alabèts lous cinq bras dréts cayjoun de la chéminéo diguén la salo. Las cinq camos gaouchos, las cinq camos drétos, lous cinq bras gaouchés ,lous cinq bras dréts dansèn et cantèn : dansén lou dilus, dansén lou dilus, dansén lou dimart, dansén lou dimart ! dansén lou dimècrés ! dansén lou dimècrés ! dansén lou ditjaous ! dansén lou ditjaous ! Alabéts cinq corps dabé cinq caps cayjoun dé la chiménéo diguén la salo. D’un soul cop las camos é lous bras s’ajustèn d’érés mèmo a aquérés corps qué dansaouon é cantaouon : dansén lou dilus,dansén lou dilus !  dansén lou dimart, dansén lou dimart ! dansén lou dimècrés, dansén lou dimècrés ! dansén lou ditjaous, dansén lou dijjaous! dansén lou dibés, dansén lou dibés !  A part lous cinq homés qué dansaouon, las pétitos créaturos qué pléaouon la salo, é qué  vénguéouon  d’oùn digun nou sap, sé ténguéouon aou répaous, sénsé boutja ni lous pots ni las aouréillos.

Lou Bastard ésclataic d’arrizé, é éspiaouo lous cinq homés qué dansaouon toutjours én cantan : dansén lou dibés,  dansén lou dibés ! Et toujours cantaouon sénsé jamés nouma lous dus awtés jours dé la sémano Enfin lou Bastard émpatién saoutèc dé soun léyt é sé boutèc a canta : dansén lou disatté, dansén lou disatté ! dansén lou diméché , dansén lou diméché !

D’un soul cop las pétitos créaturos qué pléaouon la salo, é qu’éron véngudos  nou sabén coumo qué, sé hounoun én brumo, é lou Bastard démourèc tout soul dabé lous cinq homés qué nou dansaouon ni nou cantaouon més.  « -Bastard counégués lous sèt jours dé la sémano. Lous cinq prumès soun éntaous corps cénsats aoué uo âmo coumo nouzaous, lou disatté i éntaous juifis, é lou Diméché éntaous christians.

Démoro dabé nouzaous, qué séras lou mèstré açi é tout lou poplé dous corps sénsé âmo t’aoubéiran.

(à segui)